1ere résolution de l’année : « Shakespeare notre contemporain » de Jan Kott

Publié le par C.K.

Hamlet_contemporain.jpg22h50 : encore une heure dix à attendre avant de basculer dans l’année de résistance.

Ma dernière heure de 2010 sera hamletienne ! N-ième  Re-lecture du chapitre « Hamlet en ce milieu du siècle » dans le chef d’œuvre de Jan Kott : "Shakespeare notre contemporain". Je suis allé le chercher dans le noir sur la table de chevet à côté de mon fils endormi. Les yeux fermés je l’aurai trouvé! Dix-sept pages de bonheur sur Hamlet. Un texte qui contient des pépites :

« Hamlet contient bien des problèmes : la politique, la violence et la morale, la querelle sur l’unité de signification de la théorie et la pratique, sur les fins dernières et le sens de la vie ; c’est une tragédie d’amour, une tragédie familiale, nationale, philosophique, eschatologique et métaphysique. Tout ce que vous voudrez ! Et c’est en plus une bouleversante étude psychologique. Et une intrigue sanglante, un duel, un grand carnage. On peut choisir. Mais il faut savoir dans quel but et pour quelle raison choisir. »

Et oui Hamlet, c’est tout ça. Mais vous le saviez déjà !

De toute les interprétations qu’il a vu l’auteur nous dit : « je préfère à tous ceux-là le jeune garçon contaminé par la politique, dépouillé de ses illusions, sarcastique, passionné et brutal. Il est révolté comme les jeunes hommes, mais en même temps il a en lui quelque chose du charme d’un James Dean. Il possède une passion inextinguible. Il est par moments enfantin dans sa brutalité. Incontestablement plus primitif que tous les Hamlet antérieurs. Tout en action, non en réflexion»

Bien sûr au passage, il souligne le fameux jeu de mots :

Le roi – Voyons, Hamlet, où est Polonius ?

Hamlet – A souper

Le roi – A souper ? Où ?

Hamlet – Non pas là où il mange, mais où il est mangé…

Tiens, me vient alors ma seconde résolution de l’année : Inviter Sarkozy à souper ! [Et merde mon blog vient d’être censuré !]

En fait, je vais m’arrêter là : le texte de Jan Kott  ne peut être résumé. Il est une entité. Il faut le lire. Il parle en détail de la nécessité de monter le « Hamlet » de Shakespeare en corrélation avec son temps.

Et puis une petite dernière résolution, souvenons-nous du sourire de nos amis : « Hélas ! Pauvre Yorick ! Je l’ai connu, Horatio, c’était un garçon d’une drôlerie infinie, d’une verve prodigieuse. […]. Où sont à présent vos facéties, vos cabrioles, vos chansons, vos explosions de joie qui faisaient rire toute la table aux éclats ? Plus une blague à présent pour vous moquer de votre propre grimace ? »

Allez cette année : SOYONS FOUS. Fous d’amour. Fous rires. Fous d’Hamlet.

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